Le recouvrement de créances en Italie constitue un enjeu majeur pour les entreprises et les investisseurs étrangers qui entretiennent des relations commerciales avec des partenaires italiens. Le retard ou le défaut de paiement peut fragiliser la trésorerie d’une société et nuire à la continuité de ses activités. Il est donc essentiel de connaître les mécanismes juridiques et pratiques disponibles dans la péninsule pour sécuriser ses créances et agir efficacement en cas de non-paiement.
Dans cet article
1. Première étape : le recouvrement amiable
Avant d’envisager une action judiciaire, il est recommandé de tenter un recouvrement de créances en Italie à l’amiable. Cette phase consiste à contacter le débiteur, lui rappeler la dette et fixer un délai raisonnable de règlement. Les relances peuvent se faire par téléphone, courrier recommandé ou par l’intermédiaire d’un cabinet spécialisé.
Cette démarche présente plusieurs avantages : rapidité, limitation des coûts et préservation des relations commerciales. Dans de nombreux cas, la simple intervention d’un avocat italien ou d’une société de recouvrement suffit à inciter le débiteur à s’exécuter.
2. La mise en demeure formelle
Si les relances restent sans effet, l’étape suivante consiste à envoyer une mise en demeure (« diffida ad adempiere ») par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce document précise le montant dû, la nature de la créance, ainsi que le délai final pour le paiement.
Cette formalité est importante car elle marque le début d’un éventuel contentieux et pourra être produite devant le juge pour démontrer la bonne foi du créancier.
3. Les procédures judiciaires en Italie
Lorsque le débiteur persiste à ne pas régler sa dette, le créancier peut saisir le tribunal compétent. Le droit italien prévoit plusieurs instruments adaptés selon la situation :
- Le décret d’injonction de payer (decreto ingiuntivo) : il s’agit de la procédure la plus utilisée en matière de recouvrement de créances en Italie. Le créancier présente au juge les documents prouvant l’existence de la dette (factures, contrats, bons de livraison, etc.). Si la demande est fondée, le tribunal émet une injonction contraignant le débiteur à payer dans un délai fixé. S’il ne s’exécute pas, le jugement devient exécutoire et permet de saisir ses biens.
- L’action ordinaire en justice : en l’absence de documents suffisamment probants ou si la créance est contestée, il peut être nécessaire d’engager une procédure contentieuse classique. Celle-ci est plus longue et coûteuse mais permet au juge d’examiner l’ensemble du litige.
- Les mesures conservatoires : afin d’éviter que le débiteur n’organise son insolvabilité, le créancier peut demander au tribunal de bloquer des comptes bancaires ou d’inscrire une hypothèque judiciaire provisoire sur les biens de l’entreprise ou du particulier.
4. L’exécution forcée
Une fois le titre exécutoire obtenu, le créancier peut procéder à l’exécution forcée. Les huissiers italiens sont alors habilités à saisir des biens mobiliers, des comptes bancaires ou même des biens immobiliers pour garantir le paiement de la dette.
Cette étape peut sembler lourde, mais elle reste indispensable lorsque toutes les autres tentatives ont échoué.
5. L’importance de l’assistance locale
Le système juridique italien diffère sensiblement de celui d’autres pays européens. Pour réussir un recouvrement de créances en Italie, il est fortement conseillé de s’entourer de professionnels locaux : avocats spécialisés, cabinets de recouvrement et experts en procédures d’exécution. Leur connaissance du terrain, de la langue et des pratiques judiciaires augmente considérablement les chances de succès.
Conclusion
Le recouvrement de créances en Italie suit une logique progressive : amiable, mise en demeure, injonction de payer et, en dernier recours, exécution forcée. Pour un créancier étranger, comprendre ces étapes et s’appuyer sur un conseil local est la clé d’une récupération rapide et efficace des sommes dues. Anticiper les risques par des contrats clairs, des clauses de compétence et des garanties adaptées reste également le meilleur moyen de prévenir les litiges.










